BikoZaiLLeDoO

Récits d'une agoraphobe en dents de scie....j y mets aussi mes oeuvres, des idées déco, des choses glanées par-ci par-là.

08 octobre 2006

journée typique d'une ago confirmée

Hier, samedi, je me lève avec une "patate" d'enfer, du genre je vais tout "retourner dans la maison", mais au lieu de ça, à 8h15 départ (à pied) pour aller faire quelques courses, bah oui faut bien que ça se fasse, et comme c'est samedi jour d'affluence, pour une ago c'est très tôt ou pas du tout. Me voilà partie, je fais mes courses, tout va bien, et sur la route du retour, à mi-chemin, LA voilà, cette garce me surprend en pleine rue alors que rien ne le présageait. Battements de coeur déraisonnés, douleur dans le bras gauche, perte de souffle, mains moites, nausées, sueurs froides, j'ai l'impression que je vais m'écrouler sur place et crever dans la rue. J'essaie de mettre en application "quelques techniques", rien à faire, je suis dans la rue, seule et terrorisée, mais faut pas que ça se voit, faut pas que je tombe, alors j'avance, en me disant que chaque pas me rapproche de chez moi et que là ça ira surement mieux.

J'arrive chez moi, soulagement, ELLE est toujours là , sournoise mais plus supportable, je range les courses, et me dis qu'il faut que je focalise ma pensée sur autre chose, alors je fais une partie de mah-jongg, ELLE a décidé de m'en faire baver aujourd'hui, ELLE me redonne un aperçu des symptômes ressentis dans la rue quelques minutes plus tôt, je cède une fois de plus à la panique, alors je prends la petite pilule magique qui devrait m'aider à LA chasser, deux fortes crises en si peu de temps, je suis épuisée, vidée, je voudrais fuir, dormir, ne plus penser à rien... 10h30 : J'entame le "rituel confort-rassurant", je prends mes pilules à proximité sachant pertinament que je n'en prendrai plus et mon téléphone à la main, je vais m'allonger.(mon téléphone c'est mon outil de dernier recours, j'ai un numéro que je peux appeler 24h/24h quand vraiment je n'arrive plus à LA "gérer"). Je sombre dans le sommeil, la délivrance, pendant 3 heures.

Au réveil, je suis apaisée mais toujours aussi "épuisée", je n'ai envie de rien, je ne mange pas je ne fume même pas, je m'installe avec mon chien et mon chat devant la télé et je me dis que je vais coudre et rester tranquille...Avec la douleur qui persiste dans mon bras, ELLE me fait savoir qu' ELLE n'est pas loin...J'ai peur de mes pensées, je me sens juste à la frontière entre la "raison" et la "folie", c'est horrible...

17h30, on sonne, et j'aperçois par la fenêtre le visage familier d'un ami que je n'ai pas vu depuis plus d'un an, en allant lui ouvrir je me dis que c'est un cadeau du ciel. Je l'accueille avec joie, avec ma mine déconfite, mais il me connaît bien et avec lui je ne dois pas "tricher". On parle, on rit, pendant 3 heures j'oublie tout et je suis bien. Quand il s'en va, je m'installe devant mon pc et je parle avec une amie et sa fille pendant quelques minutes puis je me décide quand même à manger, ensuite je retourne devant la télé et je continue à coudre.

1h00 du matin,(j'ai attendu le plus possible pour être sure de dormir), je me couche, et soudainement, alors que j'étais bien, ELLE est là, mon coeur s'emballe et épuisée je saisis mon téléphone en  me disant " cette fois-ci j'appelle, je n'en peux plus", mais c'est plus fort que moi, je résiste, je lutte, je reste assise dans mon lit, dos au mur, je suis tellement fatiguée que j'ai envie de pleurer mais avec la rage qui sévit en moi, j'en suis incapable...Je me suis réveillée ce matin le téléphone dans les mains, dieu merci la fatigue a eu raison de moi...

Posté par BeCauSe à 07:59 - agoraphobie - Commentaires [0] - Permalien [#]

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